Monthly Archives: janvier 2011

Sécurité : à 74 ans, elle meurt pour un sac à main

Le  mercredi  19  janvier  2011 vers 8h30 à l’arrêt du bus <H.L.M Bourrely> au chemin de Bourrely dans  le 15ème arrondissement de  Marseille  près  de  chez   elle,   Maryse attend  le  bus.  Deux  garçons  passent   en scooter  une première fois, puis reviennent  et  lui   agrippent   son   sac   à  main.   Mais Maryse  âgée de 74 ans ne le lâche pas. Elle est  traînée   sur   plusieurs   mètres.    Les voleurs s’enfuient, la laissant par terre. Elle est transportée à l’hôpital Nord dans un état très  grave  où   elle  décède  le  lundi   24   janvier  2011   soit  cinq   jours  plus  tard d’une hémorragie cérébrale.

A Marseille, les vols à l’arraché sont loin d’être une nouveauté. Mais leur nombre explose. La catégorie des violences dites crapuleuses a connu entre 15% et 19%  de progression en 2010.  Aujourd’hui,  on  déplore dans  la ville  de  Marseille  26  agressions  par  jours.  Un problème  lié notamment  à  la  flambée  des cours de l’or. Une hausse qui s’explique aussi, par la faiblesse des effectifs de police <10 à 12 policiers pour 100.000 habitants > dans les 15ème et 16ème arrondissements de Marseille.

La Poste : en panne de négociation au 112ème jour de grève à Marseille 02

Invariablement,  chaque  jour  depuis  le  7  octobre  2010,  dans  leur  salle  de  réunion, les facteurs votent à l’unanimité la poursuite de la grève. Elle en est aujourd’hui  à son 112ème jour, l’une des plus longues que la Poste des Bouches-du-Rhône a connu.

Ailleurs, les usagers auraient sans doute manifesté bruyamment leur mécontentement. Pas dans  le  deuxième  arrondissement  de  Marseille. Un comité des usagers soutient même le mouvement car il veut < un service public humanisé > comme le précise son président.

Les  habitants  du  quartier  semblent se contenter de la continuité de service mise en place par la direction de la Poste qui consiste en une distribution du courrier un jour sur deux. Au départ  de  cette  grève  il  s’agissait de  protester  contre l’embauche d’un intérimaire pour remplacer  un  huitième  agent  en  congé  de maladie < après la fin du contrat en date du 2 octobre  2010  de  la  factrice  embauchée  en  CDD ( contrat à  durée  déterminée )  depuis sept mois >. Il  y  a d’autres points de revendications, dont les premiers sont l’embauche de quatre personnes et l’appel à du personnel postier pour assurer les remplacements. Pour le secrétaire  de  la  section  CGT < le travail peut reprendre si des négociations s’ouvrent sur ces  deux  points >. Jusqu’à  aujourd’hui  aucune négociation n’est prévue pour trouver une sortie de crise, malgré < la signature de milliers de pétitions, l’organisation  de  débats avec les usagers, la rencontre avec les politiques, rien n’y fait >.

Une  solidarité  s’est  instaurée de  la  part  des  postiers,  des  usagers,  des   organisations syndicales,  des  associations  et  partis politiques, les dons en nature du secours populaire, des associations de commerçants de quartier.

Alors pourquoi cette panne de négociation de la part de la Poste?

Wikileaks13 : suspension de fonctions et tentative de suicide du fondateur du site

Le  fonctionnaire  du conseil général des Bouches-du-Rhône a été suspendu de ses fonctions le  mercredi 5 janvier 2011, après avoir lancé  le 1er janvier  2011  le  site Wikileaks13 qui, un peu  comme Julian  Assange   au   niveau   mondial,   veut   mettre   à  jour   les turpitudes du monde politique de la région.

Sur   le   site,   Philip  Sion,   ingénieur   territorial   spécialiste   en informatique  explique   notamment <  Puisqu’on   refuse   de   me   laisser   améliorer   les  choses  de  l’intérieur,  je  dois  le faire de l’extérieur.  Pour  dénoncer ce qui est mal,  ce qui est  faux  et  contraire   à  l’intérêt  d’une  ville  magnifique  et  de  ses  habitants >.  Il avait notamment  publié  les  enregistrements sonores de commissions   paritaires    au    conseil   général,    où    sont   décidés   les   avancements   et recrutements.

Dans un communiqué la collectivité a estimé qu’il n’a pas respecté son devoir de réserve, en publiant  des  informations  pouvant   porter   atteinte  à  l’institution. < Je  ne  pouvais  pas créer un site demandant de la transparence et me cacher derrière un pseudonyme >, indique  le  fonctionnaire,   en   difficulté   avec   son   employeur   depuis   plusieurs années. Wikileaks13   se   propose  de  recueillir  les  témoignages   d’internautes   sur   des  faits  de   corruption  ou   de  < marchés  publics  bidons >,   livré  à  la  presse  pour  vérification.

Sur le site de Wikileaks13 en tout cas, beaucoup d’internautes ont laissé des commentaires pour féliciter Philip Sion de son initiative et pour l’encourager de continuer.

Le  Conseil  général  reproche  au  fonctionnaire  d’avoir < diffusé des informations pouvant porter  atteinte  ou  susceptibles de porter atteinte à l’institution départementale ainsi qu’à des   élus   et   fonctionnaires   >.   Il   dénonce   notamment   la   diffusion   sur   le  site  des enregistrements  sonores  d’une  commission  administrative paritaire qui s’est tenue le 14 décembre 2010.

A  la  suite  de  la  médiatisation  de  l’affaire, le Conseil général s’était dit vendredi 7 janvier 2011 < victime d’une tentative de chantage >  de la part de son agent qui avait prévenu du lancement de ce site,  dans un courriel du 20 décembre 2010, < si ne lui était pas confiée la mission  de  son  choix  à  compter  du 1er janvier 2011, avec à la clé un budget de 300.000 euros >.

La  mesure  de  suspension  à  son  encontre,  dans l’attente d’un conseil de discipline, < fait suite  à  une  succession de manquements professionnels intervenus tout au long de l’année 2010 >,  ajoutait  l’institution,  précisant qu’une première sanction avait déjà été prononcée mi-décembre 2010.

Philip Sion,  âgé  de  39 ans,  a  tenté  de  mettre  fin  à  ses  jours.  Il s’est tailladé les veines samedi  8 janvier 2011 vers 19h00 à son domicile, situé dans les quartiers Est de Marseille. Il  a  été  transporté  à  l’hôpital  par  les  marins-pompiers,  mais  ses  jours  ne  sont pas en danger.

Pouvoir d’achat : 1er janvier 2011 ( hausses sur les tarifs ) ce qui change !

Depuis  le  1er  janvier   :   Assurances,  énergie,  internet  <   les  augmentations  dépassent l’inflation >  alors que  le SMIC  et  le RSA  stagnent.  Baisse du remboursement de certains médicaments.

Fiscalité,  prime  à  la  casse,  smic,  voici  le  point  sur  ce  qui  change  au  1er janvier 2011.

FISCALITE :

– Emploi à domicile : suppression de l’abattement de15 points sur les cotisations patronales proposé aux ménages déclarant leur employé au salaire réel.

– Suppression  des  déclarations  de  revenus  multiples l’année  de mariage,  du  pacs ou du divorce, qui permettait dans certains cas de réduire ses impôts.

– La  tranche  la  plus  élevée  d’impôt  sur  le revenu relevée de 40% à 41% pour financer la réforme des retraites.

– Niches fiscales : coup de rabot de 10% sur les niches permettant de réduire l’impôt sur le revenu  en  faisant  un choix d’investissement. Sont ainsi concernés le crédit d’impôt sur les équipements  en   faveur  du  développement   durable,   la  réduction  d’impôt  au  titre   de certains investissements outre-mer ou de l’investissement locatif dans le neuf.

– Réduction  d’impôt  de  solidarité  sur  la  fortune  < ISF >  ramenée  de  75%  à 50% pour l’investissement direct ou indirect d’un particulier dans une PME, dans la limite de  45.000 euros.

ASSURANCES :

– Relèvement généralisé des tarifs, compris entre 2,5% et 4,5% en automobile,  entre 3% et près  de  8% en habitation,  et  entre 5,3% et 8,5% en santé. En automobile et en habitation, les  hausses  répercutent  l’impact  des  évènements  climatiques  et  la  hausse  du coût des réparations.  En santé, elles répercutent les déremboursements et l’introduction d’une taxe de 3,5% sur les contrats d’assurance dits responsables.

ENERGIE :

– Hausse  de  3%  de  la  facture,  due  à  une  hausse  de la contribution au service public de l’électricité, qui finance notamment le rachat des énergies renouvelables.

– Electricité  :  le  tarif  social,  rabais  octroyé  aux  foyers  les  plus  modestes < 625.000 >, devrait varier entre 40 et 60% contre 30 à 50% aujourd’hui.

ABONNEMENT INTERNET / MOBILES :

– Hausse de la TVA au 1er janvier 2011,  mais  certains opérateurs ne la répercutent que le 1er février. Hausse de 1 à 3 euros chez France Télécom-Orange à cette date. Augmentation de quelques euros chez SFR < mais de 9,50 euros pour un des forfaits aux  communications illimitées > et hausse attendue chez Bouygues Télécom et Free.

PRIME A LA CASSE AUTOMOBILE ET BONUS ECOLOGIQUE :

– Fin de la prime à la casse  < 500 euros > le 1er janvier.  Elle sera versée si la voiture a été commandée avant le 31 décembre < même si livrée début 2011 >.

– Les  bonus-malus  écologiques  en  vigueur  s’appliqueront  si   le véhicule  est  commandé avant la fin du mois de décembre 2010 < même si livré en 2011 >.

SMIC < salaire minimum interprofessionnel de croissance > :

– Il   passe  de  8,86  à  9 euros  bruts  l’heure  pour  atteindre  1.365 euros  pour  35 heures hebdomadaires, soit environ 1.073 euros nets par mois.

RSA < revenu de solidarité active >

– Il  sera  revalorisé  de 1,5%  ( inflation prévue en 2011 )  pour  atteindre 466,99 euros par mois pour une personne seule sans enfant, 700,49 euros pour un couple sans enfant ou une personne seule avec un enfant.

ALLOCATIONS FAMILLIALES :

– Revalorisation de 1,5% : 126,38 euros pour deux enfants avant CRDS < contribution pour le remboursement de la dette sociale >, 288,38 euros pour trois enfants, 430,55 euros pour quatre enfants. S’ajoutent des majorations selon les âges.

MEDECINS ET MEDICAMENTS :

– La consultation chez les médecins généralistes passe à 23 euros.

– Les médicaments remboursés à 35% ne le seront qu’à 30%.

Chômage : 43 % des jeunes au chômage dans les ZUS

En  décembre  2010,  une  étude  de  l’Observatoire   national  des zones urbaines sensibles < ZUS > souligne l’ampleur de la fracture sociale entre les quartiers défavorisés et le reste du pays.

Le  taux  de  chômage des  jeunes s’est  aggravé  en  2009 dans les quartiers  pauvres,  touchant  plus  d’un  jeune  sur  trois. Dans ces ZUS, les  751 quartiers retenus  par les  pouvoirs publics pour être la cible prioritaire de la politique de la ville, le taux de chômage est passé de 16,9% en 2008 à 18,6%  en 2009. Il dépasse  ainsi  le taux  de 17,2%  enregistré  en  2003 au moment de la mise  en  place  de  la  loi  d’orientation  et  de  programmation  pour la ville et la rénovation urbaine, dont l’objectif était de réduire  significativement  les  inégalités en banlieue sur une période de cinq ans.

Le  chômage  a  notamment  progressé  chez  les jeunes < 43% des actifs et 37% des actives sont sans emploi >.  Le  taux  était  de  41,%  chez  les  jeunes  hommes et de 29,6% chez les jeunes  femmes   en 2008.  Et désormais,  les diplômés sont autant touchés par le chômage, alors que jusque-là le diplôme les protégeait, souligne le rapport de l’Observatoire.

Ces quartiers  concentrent deux  fois plus d’allocataires des minimas sociaux, deux fois plus de personnes vivant sous le seuil de pauvreté et trois plus de bénéficiaires de la couverture maladie universelle < CMU > que dans le reste du territoire. Une  situation qui se détériore sous  l’effet  des  mouvements  de  population.  Chaque  année, 7% des habitants quittent le quartier  et   sont  remplacés  par de  nouveaux  habitants,  généralement  en  situation  de précarité accrue par rapport aux partants, souligne le rapport. Il y a également une hausse significative des faits de délinquance,  en particulier les incendies volontaires de voitures et de poubelles.