Monthly Archives: février 2011

La Poste : le caissier et son collègue condamnés pour le « million d’euros »

Le vol silencieux et sans difficulté d’un magot d’un million d’euros a été perpétré par un caissier de la Banque Postale < Marseille Saint Victor >.  Naïm El-Jaziri, 42 ans et son collègue, étaient jugés au tribunal correctionnel de Marseille, mercredi 24 février 2011.

C’est le 31 octobre 2009 au matin que le responsable de la Poste de la rue Combaud de Roquebrune dans le septième arrondissement de Marseille s’est aperçu du gouffre. Son caissier resté introuvable avait pris soin de vider aussi son appartement situé juste à côté de la Poste !

Dans les jours précédents, Naïm El-Jaziri, avait devancé sa prise de service pour falsifier des pièces comptables. Toute la semaine, il avait, sans éveiller l’attention, fait trois grosses commandes de billets auprès de la caisse régionale de la Banque Postale à Aix-en-Provence pour approvisionner les distributeurs. Il a fait en sorte que l’alarme reste inactive et ainsi près d’un million d’euros a été dissimulé. Dissimulation encore facilitée par l’absence de contrôle hiérarchique, le poste de directeur d’établissement étant resté vacant pendant une dizaine de jours. < Du million, il ne lui restait que  < près de 900 euros >.

Le caissier qui s’était enfui en octobre 2009 avec près d’un million d’euros pour combler des < dettes de jeu >, a été condamné à 5 ans de prison dont deux avec sursis pour vol aggravé et faux. Son collègue Christophe César, 39 ans, facteur de la Poste Colbert, qui avait enterré 100.000 euros dans son jardin écope de 18 mois dont six avec sursis pour recel et non justification de ressources. Les deux sont condamnés solidairement à rembourser le  < million d’euros >.

Affaire Guérini : le coup de fil de Jean-Noël Guérini

Le président PS du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, aurait mis son frère au courant en avril 2009 d’une enquête ouverte à Marseille le concernant, selon une écoute téléphonique.   Selon  la  retranscription de la conversation en date du 27 avril 2009, Jean-Noël Guérini,  également sénateur des Bouches-du-Rhône, a appelé son frère pour le prévenir qu’une enquête préliminaire sera ouverte. < A mon avis, ça doit être pour les décharges, Alex >, avance alors Jean-Noël Guérini, précisant < De toute façon, au bout de trois ans, il y a prescription, ils ne peuvent rien faire >.

Alexandre Guérini  dirige  une  société  de  traitement de  déchets  exploitant plusieurs décharges  du  département des Bouches-du-Rhône.  Une  information  judiciaire  avait  été  ouverte  pour  des malversations   présumées   touchant   à   l’attribution  de  marchés  publics.  L’enquête préliminaire avait été confiée aux gendarmes  de  la section  de recherches de Marseille, sur la base d’un courrier anonyme adressé au procureur de le République, dénonçant un système  mis  en  place  par  les  frères Guérini. Dans le cadre de cette affaire, Aléxandre Guérini a été mis en examen et écroué début décembre 2010 pour blanchiment, abus de biens sociaux, détournement de fonds et de biens publics et corruption active.

Le jeudi soir 17 février 2011, Jean-Noël Guérini s’exprimant devant plusieurs centaines de militants socialistes,  à  l’occasion  d’un  banquet républicain  à Allauch, Jean-Noël Guérini a répété qu’il  n’avait  absolument rien  à se reprocher et a  dénoncé une campagne qui vise à salir et à détruire. <  Ce  n’est  pas  par un hasard  si le  conseil général est visé par la droite sur le terrain des affaires à un mois des  échéances  électorales >, a-t-il ajouté, annonçant le dépôt  d’une  plainte   pour  violation   et  recel   du  secret  de   l’instruction.  Concernant  la conversation avec son frère, Jean-Noël Guérini  a  estimé que ces écoutes étaient sorties de leur contexte. < Oui, j’avais mon frère au téléphone, oui, je lui ai parlé, comme  à ma fille ou mon  épouse. Est-ce un délit ?.  Nous  parlions  de  tout  et  de  rien,  et  même  de politique. Est-ce un délit ? a-t-il précisé >.

La Poste : reprise du travail à Marseille 02 après 139 jours de grève

A l’issue de la 135ème journée de conflit,  mercredi  16  février  2011,  le blocage  des négociations entre salariés du centre de distribution du deuxième arrondissement de Marseille est resté malheureusement  d’actualité  faute d’avancées  sur  les questions centrales   du  conflit.  Pour  mémoire, < ce  qui  a  mis le  feu aux  poudres >,  selon  le secrétaire  CGT du secteur 02,  et qui  a  suscité  dès  le 7 octobre 2010 un mouvement     de grève suivi à 100% par les salariés, cadres compris, c’est le  problème du statut des nouveaux   embauchés.   La  direction   persistant  à   avoir   recours  aux   travailleurs intérimaires dans le centre courrier.  Ce qui pose le   double problème de la baisse de la qualité de service public et l’intérêt même des employés précaires dont nous réclamons qu’ils puissent avoir la garantie d’emploi stable.

Au  centre  de  distribution,  mercredi  16  février  2011  à  16h30,  il  y a eu la visite de responsable   du  Front  de  Gauche :  Christian Picquet < Gauche Unitaire >, Jean-Luc Mélenchon <  Parti de Gauche  >,  Pierre Laurent et  Pierre Dharréville  < PCF >, pour soutenir les postiers de Marseille 02.

Les  postiers  ont  fait part de leurs difficultés  à  porter  à bout de bras un conflit et des revendications qu’ils estiment  à  juste  titre  être  d’intérêt général. < Nous souffrons, y compris dans nos vies intimes, de la longueur de ce conflit >, a confié l’un des postiers en grève à Jean-Luc Mélenchon. <  Vous  n’êtes  pas  des  gréviculteurs >, leur répondait-il. Comme  on  qualifie  souvent  celles  et  ceux  qui sont déterminés à  se battre pour leurs droits.

Les postiers du deuxième arrondissement de Marseille  viennent  de  décider  de la reprise du travail, mardi  22  février 2011 après  une grève de 139 jours. Soutenus depuis le début du  conflit  par  la  majorité  des  habitants de leur   secteur    <    signature  de   milliers  de pétitions,  organisation   de  débats  avec  les  usagers,  rencontre  avec les politiques >. < De plus une solidarité s’est instaurée de la part des postiers,  des usagers, des organisations syndicales, des associations et partis politiques,  le  secours  populaire,  des  associations  de commerçants  de  quartiers  >.  Tous  ces  acteurs,  et  la détermination  de l’ensemble  des  agents  du centre courrier ont contribué à l’ouverture de l’ultime négociation qui a mis fin à ce conflit.

Sur la question de l’emploi, nous avons obtenu le comblement des départs en retraite tout en  gardant la  même  organisation  que  nous  avions  auparavant,  commente Alain Croce, délégué  CGT.  Fin  mars  2011,  un  titulaire  <  fonctionnaire  ou  CDI  >  est  prévu  pour remplacer le poste de l’intérimaire qui n’a plus sa place dans le centre courrier, conclut-il.

Logement : 8,2 millions de français en situation de mal-logement !

Dan la  16ème  édition  de  son  rapport  sur  le  mal   logement,    rendu publique  le  mardi  1er  février   2011,  une   fois  de  plus,   la Fondation  Abbé Pierre tire la sonnette d’alarme. Elle chiffre à 8,2 millions le nombre de Français en situation de mal logement ou  de  fragilité  et  de précarité.  Dans  le  détail, il  s’agit de  3,6 millions de personnes non ou mal logées et plus de 5 millions en situation  de  réelle  fragilité à court terme et moyen terme. En 2010, elle avait chiffré à 6,6 millions le nombre de personnes en fragilité.

Mais  en  2011,  la  Fondation  Abbé  Pierre  va  plus  loin  < elle  estime que 1,2 million de personnes sont en demande d’un logement social, tandis que 3,4 millions sont en situation de précarité énergétique et que 1,3 million de locataires ont rencontré des difficultés pour s’acquitter  de  leur  loyer.   Ce  sont  au  moins  10  millions  de  personnes  qui  subissent aujourd’hui, selon elle, les conséquences de la crise du logement.

La crise économique, souligne la Fondation Abbé Pierre, a incontestablement renforcé la sensibilité du logement à la pauvreté et à la précarité. Mais surtout, elle a élargi le champ de  ceux  qui se  retrouvent  confrontés  à  des  problèmes  de  logement.  Parmi  les  plus vulnérables,  dont  la  crise a accentué les difficultés, se trouvent les jeunes, mais aussi les femmes seules avec enfants. Dans ces conditions, explique la Fondation, < l’aide d’urgence et  les  dispositifs  d’accompagnement  ont  été débordés >.  Et tous les acteurs  du secteur témoignent  des  difficultés  des plus modestes d’accéder  au logement et de s’y maintenir. Mais surtout,  la  crise a aussi fait basculer dans la précarité  des ménages jusqu’à présent épargnés. C’est ainsi que les couches  moyennes  sont  désormais parfois  frappées de plein fouet par des difficultés du logement.  Non seulement parce que leur travail est devenu de plus en plus précaire. Mais aussi parce que  l’évolution des revenus et du coût du logement crée une nouvelle zone de fragilité et provoque un élargissement des publics confrontés au problème de logement. Et de poursuivre que la situation ne devrait pas s’améliorer,  compte tenu  de  l’évolution du prix de l’immobilier, dont la hausse se poursuit, tandis que celle des revenus ne suit pas cette tendance. Tout en  soulignant une incapacité croissante de la politique du logement à limiter cette extension et à réduire ces difficultés.