Daily Archives: 10 février 2011

Logement : 8,2 millions de français en situation de mal-logement !

Dan la  16ème  édition  de  son  rapport  sur  le  mal   logement,    rendu publique  le  mardi  1er  février   2011,  une   fois  de  plus,   la Fondation  Abbé Pierre tire la sonnette d’alarme. Elle chiffre à 8,2 millions le nombre de Français en situation de mal logement ou  de  fragilité  et  de précarité.  Dans  le  détail, il  s’agit de  3,6 millions de personnes non ou mal logées et plus de 5 millions en situation  de  réelle  fragilité à court terme et moyen terme. En 2010, elle avait chiffré à 6,6 millions le nombre de personnes en fragilité.

Mais  en  2011,  la  Fondation  Abbé  Pierre  va  plus  loin  < elle  estime que 1,2 million de personnes sont en demande d’un logement social, tandis que 3,4 millions sont en situation de précarité énergétique et que 1,3 million de locataires ont rencontré des difficultés pour s’acquitter  de  leur  loyer.   Ce  sont  au  moins  10  millions  de  personnes  qui  subissent aujourd’hui, selon elle, les conséquences de la crise du logement.

La crise économique, souligne la Fondation Abbé Pierre, a incontestablement renforcé la sensibilité du logement à la pauvreté et à la précarité. Mais surtout, elle a élargi le champ de  ceux  qui se  retrouvent  confrontés  à  des  problèmes  de  logement.  Parmi  les  plus vulnérables,  dont  la  crise a accentué les difficultés, se trouvent les jeunes, mais aussi les femmes seules avec enfants. Dans ces conditions, explique la Fondation, < l’aide d’urgence et  les  dispositifs  d’accompagnement  ont  été débordés >.  Et tous les acteurs  du secteur témoignent  des  difficultés  des plus modestes d’accéder  au logement et de s’y maintenir. Mais surtout,  la  crise a aussi fait basculer dans la précarité  des ménages jusqu’à présent épargnés. C’est ainsi que les couches  moyennes  sont  désormais parfois  frappées de plein fouet par des difficultés du logement.  Non seulement parce que leur travail est devenu de plus en plus précaire. Mais aussi parce que  l’évolution des revenus et du coût du logement crée une nouvelle zone de fragilité et provoque un élargissement des publics confrontés au problème de logement. Et de poursuivre que la situation ne devrait pas s’améliorer,  compte tenu  de  l’évolution du prix de l’immobilier, dont la hausse se poursuit, tandis que celle des revenus ne suit pas cette tendance. Tout en  soulignant une incapacité croissante de la politique du logement à limiter cette extension et à réduire ces difficultés.